Côté cour : Patience ; ou, La Fiancée de Bunthorne
La Société Savoy de McGill,
le 4 février 2026
Contenu texte de Graphic ci-dessus
Titre de la pièce : Patience ; ou, La Fiancée de Bunthorne
Dates des représentations : du 13 au 21 février
Lieu de représentation : Théâtre Moyse Hall, 853, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A 0G4
Réponses fournies par: Michael Quinsey (metteur en scène), Ana Neocleous (directrice musicale), Nathan Jablonski (secrétaire).
Donnez-nous une hauteur d'ascenseur de votre spectacle.
Depuis la nuit des temps, les hommes ont toujours tenté, recueil de poésie à la main, de se rendre plus séduisants (avec un succès mitigé). Dans Patience, pourtant, ils y parviennent (en partie). Si la nature poétique de Reginald Bunthorne a conquis le cœur de vingt femmes artistes (autrefois) fiancées à des militaires du coin, elle n'a pas pour autant séduit Patience, la laitière du village, indifférente à l'amour et à la poésie (à juste titre). Du moins, jusqu'à l'arrivée en ville de son amour d'enfance, Archibald Grosvenor, poète lui aussi et, par un heureux hasard, l'homme le plus séduisant du monde. Cette satire hilarante et déjantée de la poésie du XIXe siècle, de la course aux modes et des performances artistiques change la donne.
- Nathan Jablonski (Secrétaire)
Quelle est votre partie préférée de cette production?
Mon moment préféré de la pièce est sans conteste le récitatif et le chant de Lady Jane au deuxième acte. Lady Jane est l'une des jeunes filles qui rivalisent pour conquérir le cœur du poète Bunthorne. Bien plus âgée que les autres, elle est souvent utilisée comme ressort comique, objet de plaisanteries cruelles, comme une femme vieillissante se comportant de manière honteuse, voire embarrassante. Son solo, le premier du deuxième acte, est un moment d'une gravité saisissante ; seule en scène, Jane chante une complainte déchirante, déplorant la façon dont le monde la traite mal avec l'âge. Dans ce chant, la musique de Sullivan nous offre un aperçu fugace de la riche intériorité de ce personnage, sans doute le seul moment de véritable sincérité et de lucidité dans cette satire mordante qui traite des passions éphémères et de la fragilité de l'identité. Le moment mélancolique de Lady Jane sous les projecteurs illustre le double dilemme impossible auquel les femmes sont confrontées dans la société à mesure qu'elles vieillissent : le premier couplet se termine par « Il ne restera plus grand-chose de moi dans l'avenir », tandis que le second se termine par « Il y aura trop de moi dans l'avenir »
- Ana Neocleous (Directrice musicale)
Avez-vous d'autres pièces ou artistes qui vous ont inspiré ou qui vous sont inspirés sur cette production?
Franchement ? Un mélange improbable entre « The Music Man », Oscar Wilde et William Shatner. C'est l'histoire d'un artiste charlatan qui charme un village grâce à son faux talent, mais malgré toute l'attention qu'il reçoit, son cœur est épris d'une laitière sceptique que son numéro laisse deviner. C'est une véritable troupe où chaque personnage secondaire a sa propre personnalité et ses propres motivations, même sans répliques ni grands moments d'émotion. C'est un univers haut en couleur, peuplé d'artistes, de dragons maladroits et de laitières chanteuses.
- Michael Quinsey (metteur en scène)
Dans une phrase, parlez-nous de la vision ou du message de cette production.
C'est une fantaisie d'évasion qui se moque des artistes à la mode qui se prennent trop au sérieux, et qui met en avant la liberté d'ignorer les pressions sociales et d'embrasser le quotidien.
- Michael Quinsey (metteur en scène)
Comment cette production s'aligne-t-elle avec la mission ou la vision artistique de votre entreprise?
En tant que compagnie de production basée au sein d'une université, notre mission est autant pédagogique qu'artistique. Travailler avec une troupe d'étudiants est notamment l'opportunité qu'elle offre à de jeunes artistes d'expérimenter, d'apprendre et de s'épanouir, parfois lors de leur première expérience scénique. Forts de notre expérience, nous transmettons ce savoir-faire à chaque répétition dans un cadre pratique et interactif où les comédiens sont encouragés à prendre des risques et à explorer de nouvelles pistes.
- Michael Quinsey (metteur en scène)
Ce spectacle offre non seulement une excellente opportunité de développer leurs compétences d'acteurs et de chanteurs, mais nous permet également de leur montrer les ficelles du métier. Grâce à nos productions, ces jeunes artistes ont l'occasion de se familiariser avec tous les aspects de la réalisation d'un spectacle.
- Ana Neocleous (Directrice musicale)
Comment ce spectacle s'intègre-t-il dans la saison plus large ou les plans futurs de votre entreprise?
Ces deux dernières années, la Savoy Society a dû se déplacer, le pavillon Moyse, notre lieu de représentation habituel sur le campus de McGill, étant fermé pour rénovation. Cette année, nous sommes absolument ravis de revenir au Moyse pour la première fois depuis cette interruption. Ces déménagements successifs ont engendré des difficultés logistiques et ont accaparé une grande partie de notre énergie, compliquant davantage l'organisation de chaque spectacle. De retour au Moyse, nous sommes impatients de renouer avec un espace que nous pourrons considérer comme notre chez-nous, et espérons que ce sera le point de départ d'un rayonnement et d'une importance accrus pour la Savoy Society au sein de la vie étudiante à McGill et de la scène théâtrale montréalaise, afin de retrouver le niveau qu'elle atteignait autrefois. On m'a même dit que nous avions autrefois des bureaux… quel bonheur ce serait de les retrouver ! J'ai déjà commandé la plaque pour mon bureau !
- Ana Neocleous (Directrice musicale)
QUESTION BONUS : Si votre série devait se dérouler dans un cadre totalement différent (par exemple, dans l’espace, sous l’eau), comment serait-elle modifiée ? Serait-elle modifiée ?
La Société Savoy de McGill a une mission artistique assez unique : jouer indéfiniment le même répertoire d'opérettes, ce que nous faisons avec succès depuis 62 ans. Cette obligation de répétition nous permet d'explorer différentes mises en scène, de susciter l'intérêt non seulement par le texte, mais aussi par la manière dont nous choisissons de le réaliser sur scène. Par exemple, lors de notre dernière représentation de Patience en 1987, nous avons transposé les rôles des soldats et des poètes de l'Angleterre victorienne en étudiants des facultés de génie et des arts de l'Université McGill. Puisant dans la pièce elle-même, dans l'histoire des spectacles de Gilbert et Sullivan et dans celle de notre propre organisation, si nous avions carte blanche pour changer le décor, nous rendrions hommage à cette tradition artistique en situant l'action dans notre Montréal contemporain : peut-être un poète du Plateau et un ingénieur logiciel de Griffintown se disputant les faveurs d'une jeune barista branchée ?
- Michael Quinsey (metteur en scène)
Patience, ou la fiancée de Bunthorne
Par la Société Savoy de McGill
Du 3 au 21 février 2026
À Moyse Hall, Université McGill